La musique arabo-andalouse est le résultat
d'un métissage entre la musique arabe venue de l'Orient, la musique
afro-berbère du Maghreb et la musique pratiquée dans la Péninsule
Ibérique avant l'année 711, date à laquelle Târiq Ibn Ziyâd traverse le
détroit pour conquérir l'Andalousie. En effet, cette région, terre de
brassage entre plusieurs civilisations, donne lieu à une éclosion sans
précédent d'un art musical qui connaît un développement fulgurant
pendant plus de huit siècles aussi bien en Andalousie qu'au Maghreb.
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Avec la construction de la mosquée
al-Qarawiyyîn de Fès (vers 857), le Maroc connaît un tournant décisif
dans sa vie intellectuelle et artistique. Fès se transforme
progressivement en un centre qui attire des gens de lettres, des
penseurs et des artistes qui étaient originaires aussi bien de
l'Andalousie que du Kairouan (Tunisie). Ce sont très probablement les
rebelles du faubourg de Cordoue qui introduisent une partie du
répertoire musical en vigueur en Andalousie après leur installation à
Fès pendant la première moitié du neuvième siècle.
Ziryáb (Bagdad 789 - Cordoue 857) est le
nom le plus prestigieux de cette époque. C'est ce génie de la musique
qui marque uncontournant décisif dans la vie
artistique et musicale de al-Andalous. Jalousé par son maître Ishâq
al-Mawçilî, il est chassé de la cour du calife Hârûn ar-Rashîd en 821.
Après son départ de Bagdad et un séjour de quelques années à la cour des
Aghlabides au Kairouan, il s'installe définitivement aux côtés de
Abderrahmân II à Cordoue, où il fonde la première école de musique de l'Europe.